La restauration d'une rare Pontiac canadienne (1953) | Blogue LesPAC

La restauration d’une rare Pontiac canadienne (1953)

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Tout a commencé en 1995 lorsque j’ai voulu acheter une voiture ancienne. Je cherchais un produit GM des années 1949-54. Les voitures performantes n’ont pas beaucoup d’attraits pour moi, heureusement, car pour la plupart des modèles GM de cette période, la performance n’était pas encore au RDV!

Cette Pontiac était alors annoncée dans Auto-Hebdo. Le vendeur demeurait à Ste-Marthe­ sur-le-Lac. Une fois sur place, je trouvai une voiture présentable et en bon état mécanique. Je la  rame­nai à la maison « sur son pouvoir ». Wow! Je me souviens très bien du sentiment que  j’éprouvais  à  ce moment-là: une nervosité intense! Je me sou­viens aussi de la traversée stressante du Tunnel Lafontaine: je ne voulais surtout pas tomber en panne dans ce tunnel, surtout que c’était un soir de semaine et que la circulation y était très intense.
Une fois rendu à la maison, j’ai commencé à nettoyer la voiture de fond en comble. L’intérieur était plutot moche. L’eau s’infiltrait allègrement par les moindres orifices!
Je l’ai utilisée presque que telle quelle pendant toute une saison. À la fin de 1995, j’ai sorti le moteur pour vidanger le filtre à huile permanent (dans le carter) et refaire les soupapes.
Du meme coup, je lui ai redonné un coup de jeunesse, du moins en ce qui concerne le compartiment moteur.

Par la suite, j’ai passablement profité de cette bonne routière et je l’ai aussi ameliorée au gré de mon budget. Au début de 2005, j’ai finalement restauré le moteur correctement, car il avait ten­dance à fumer beaucoup. Plus tard, la même année, beaucoup de craquements et de mouvements de carrosserie commençaient à se faire entendre. Après une minutieuse inspection, je découvris que le chassis en était la cause. II était tellement rouillé qu’il devenait risqué de continuer à l’utiliser. Vous comprendrez que s’il avait fallu une inspection minutieuse, on aurait vite découvert que les dommages étaient certes graves, mais surtout bien camouflés ! Un des anciens propriètaires de cette Pontiac avait bouché les trous de rouille du chassis avec de la tôle sur laquelle ii avait ajouté du goudron. La poussière et les saletés de la route ont eu raison de cet «excellent» travail de camouflage! Sur une longue période de temps, l’humidité et la rouille ont finalement aggravé son état.

C’est en septembre 2006 que je débutai le gros oeuvre de la restauration ! J’avais prévu de terminer le tout en 2 ans. Finalement, 9 années ont du être nécessaires !

La carrosserie fut enlevée du chassis: ii parais­sait alors évident que  le  chassis  était  beaucoup trop endommagé pour être réparé, sans compter l’état déplorable de  la  carrosserie  elle-même. II me faIlait donc un plan B… Sur internet, j’ai trouvé un chassis, en Colombie-Britannique. Le type m’a fait parvenir plusieurs photos pour que je le com­pare bien au chassis illustré dans le manuel du réparateur de la Pontiac 1953. Une fois les compa­raisons faites et concluantes, je lui ai demandé de couper le chassis à des endroits bien  précis et  de me le faire parvenir par transport spécialisé. Un peu plus tard, ma conjointe me demande « il est où ce chassis?».« A Kelowna » que je lui réponds. Elle  me suggère  alors  d’aller  le  chercher plutôt que de le couper, car cela lui permettrait de visiter des amis là-bas. Nous sommes finalement allés le chercher quelques mois plus tard, pendant nos vacances dans l’Ouest canadien.

Quelques jours plus  tard, horreur  et damnation: je me rends compte que les deux chassis ne sont absolument pas pareils ! Je compris alors ce qui a pu se passer. Dans le manuel d’entretien, on y voit des illustrations pour les années modèles 1953-54  et des photos de chassis des années 1949-52 ! Tenter de rejoindre quelqu’un chez GM, un dimanche soir, pour leur dire que leur bouquin a une grave erreur, 60 ans après sa parution, cela me semble tout à fait inutile! Pour faire  une  histoire  courte, j’ai  acheté 2 poutres en H de 20 X 12 pieds de longs, pour me fabriquer un gabarit provenant du vieux chassis, avec des plaques de métal de 3/8 pouces d’épaisseur. Le but: « recourber » le chassis neuf. L’ancienne struc­ture était trop endommagée pour la récupèrer. Par contre, la pièce neuve était vraiment en bon état. Il fallait donc s’y mettre!

Après deux ans de travail, en plus de mon bou­lot régulier, j’y suis enfin ! Le nouveau chassis est devenu tout à fait identique à l’ancien ! j’ai du enlever toutes les composantes, et plus tard, les réinstaller avec de nouveaux rivets, car les longe­rons ont été reformés indépendamment.

Par la suite, le moteur et la transmission, tous deux restaurés et repeints, furent  installés  dans le nouveau chassis tout neuf, ainsi que l’essieu avant et le differentiel. Plus tard, les tubulures de freins, essence, et vacuum furent refaits avec des tuyaux neufs correspondant aux spécifications des anciennes pièces.

Durant ce temps, la restauration de la carrosserie va plus ou moins bien: ii m’aura fallu trouver 4 car­rossiers ! Chez le premier, après un certain temps, les fils électriques d’un petit tracteur se sont touchés et il a frappé tout ce qui était dans son garage, incluant évidemment la Pontiac! Elle était moins belle en sortant qu’en arrivant dans son atelier! Le deuxième a bien travaillé, mais il a du malheureu­sement fermer boutique. Le troisième, lui, est tout simplement retourné aux études! Par contre, le dernier, Gilles Sauvageau, l’a bien prise en mains et l’a rendue à terme avec beaucoup de compétence et de brio. Merci Gilles!

Je me suis ensuite occupé d’installer moi-même les ailes, toutes les composantes avant ainsi que l’intérieur et la sellerie. J’ai changé tout le  fais­ceau électrique de l’avant jusqu’à l’arrière. Quelle différence de rendement par la suite pour un système électrique de  6  volts!  La  voiture  assemblée a ensuite été retournée chez Gilles Sauvageau qui a effectué les derniers ajustements  de  carrosserie. Puis ce fut le grand test routier: petit souci de suspension avant, rien de grave, ça grinçait dans un des pivots. j’ai demonté et graissé le tout et hop plus de problème !

Cette jolie voiture fonctionne à merveille! À l’automne 2015, j’avais accumulé 3600 miles à l’odomètre avant de la ranger pour l’hiver. En septembre  2015,  nous avons été invités au concours d’Elegance de Saratoga Springs dans l’état de New York, par le Hemmings  Motors News pour y exhiber la Pontiac. Richard Lentinello, redacteur de I’excel­lente revue Classic Cars, suivait la restauration depuis presque  les tout débuts, et il voulait que son équipe puisse la voir. Nous avons même, ma conjointe et moi, loué des  costumes pour !’occasion!

Par la suite, je me suis rendu, en octobre, avec la Pontiac au quar­tier général de Hemmings Motor News, à Bennington, au Vermont, pour une séance  de  photos  avec le photographe et redacteur Mark Mccourt, dans le but de préparer un article sur la restauration dans le magazine Classic Cars .Quelle belle  aventure ! Quelle belle experience que de conduire cette Pontiac « neuve » sur les  belles  routes  de la Nouvelle-Angleterre et de faire la connaissance de tous ces gens sympathiques !

Maintenant, j’aimerais res­taurer une ancienne roulotte des années cinquante pour l’accoupler à ma Pontiac! Si vous en denichez une quelque part au Canada, n’hésitez pas à me contacter!

Que la grande fête de ]’auto ancienne du Québec continue! A tous et à toutes, je vous souhaite une excellente saison au volant de votre belle ancienne !

Par André Fitzback

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