Conseils pour convertir une camionnette pour la « vanlife » | Blogue LesPAC
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Conseils pour convertir une camionnette pour la « vanlife »

L’expression « vanlife », vous connaissez? Ce mode de vie qui consiste – le nom le dit – à « vivre à l’intérieur de son fourgon (ou van en anglais). Ce mode de vie popularisé par l’hashtag #vanlife existe depuis bien plus longtemps que l’invention du téléphone cellulaire, mais il a pris de l’ampleur ces dernières années, surtout depuis l’introduction nord-américaine des gros fourgons commerciaux venus d’Europe. On pense notamment aux Mercedes-Benz Sprinter, Ford Transit et Ram ProMaster de ce monde.

Ces véhicules destinés à la base aux entreprises qui ont besoin de véhicules logeables et robustes pour le transport de matériel se veulent également d’excellentes plateformes pour le monde du véhicule récréatif et, par la même occasion, celui du mouvement #vanlife.

Mais, cette manière de vivre, qui pousse même certains d’entre nous à abandonner la sédentarité pour demeurer à temps plein à l’intérieur d’un fourgon, peut également être pratiqué à bord de n’importe quel véhicule qui offre assez d’espace pour y dormir ou, du moins, pour y entreposer un minimum de matériel, ne serait-ce que quelques vêtements pour se changer.

Pour ceux et celles qui voudraient se lancer dans cette nouvelle aventure qu’est le « vanlife », voici quelques conseils qui pourraient vous aider dans votre processus de décision, notamment si vous devriez faire appel à un professionnel ou de carrément vous lancer dans la construction de votre propre cocon sur roues.

1re étape : Êtes-vous un adepte du #vanlife?

Avant même de vous lancer dans ce nouveau mode de vie – ou cette manière de voyager si vous préférez –, il ne serait pas bête d’essayer le produit, bref de louer un fourgon l’instant d’une fin de semaine ou de quelques jours.

Comme le mentionne Catherine Vachon, directrice développement des affaires, communications et marketing chez VanLife MTL : « c’est encore la vache à lait de VanLife (en parlant de la location de fourgons), ça permet de faire découvrir le produit aux gens, même si l’engouement autour des véhicules que nous fabriquons a pris de l’ampleur, surtout pendant la pandémie ».

L’entreprise compte déjà 20 véhicules à louer d’ailleurs. Avis aux intéressés.

2e étape : Trouvez un véhicule bien adapté

C’est vrai que ces fourgons pleine grandeur sont plus encombrants qu’une voiture compacte, mais en matière habitabilité, les trois modèles cités plus haut sont difficiles à battre, notamment parce qu’ils permettent aux passagers de marcher sans devoir pencher la tête à l’intérieur de l’habitacle.

Toutefois, il existe d’autres options de véhicules qui peuvent faire office de maison sur roues, comme une minifourgonnette ou même les versions de poche de ces gros fourgons commerciaux, le Ford Transit Connect ou le Ram ProMaster City qui s’avèrent des options simples et faciles à entretenir.

3e étape : Définir ses besoins… et son budget!

Avant d’acquérir un véhicule (dans le but de le transformer soi-même ou non), il est important de définir ses besoins. David Vachon, président et fondateur de VanLife MTL m’explique qu’il est important de songer à l’isolation, au chauffage, au rangement, à l’autonomie, etc. Bien entendu, plus il y a d’équipement à bord, plus la facture sera salée! C’est à l’utilisateur de déterminer son budget. Comme dans tout projet, l’argent dicte les limites.

4e étape : L’isolation

À moins d’utiliser le fourgon exclusivement durant la saison estivale, il est important d’isoler le véhicule. Comme me l’indique rappelle Anthony Gagnon Boisvert, un ébéniste de formation et nouveau venu dans le monde de la conception de fourgons de vie : « l’isolation est importante, car elle empêche l’humidité de pénétrer l’habitacle et garde la fraîcheur à l’intérieur. En hiver, c’est la chaleur qui reste à l’intérieur.

L’isolation est la première étape lorsque le fourgon commercial est à l’état original. Dans ce cas-ci, Anthony m’a mentionné qu’il faisait appel à un isolant de marque Roxul, ce dernier qui a la particularité d’être résistant au feu. Par-dessus cette couche d’isolation, il faut ensuite fixer quelques montants de bois à la caisse du véhicule afin que ceux-ci servent de base pour accueillir les caissons et autres équipements prévus.

5e étape : L’électricité

Vient ensuite l’essentielle étape de l’électricité. À ce niveau, David Vachon me précise qu’au moment de l’installation des fils et autres câbles logés derrière les nombreux aménagements du véhicule, il est important de se « laisser du lousse ». Autrement dit, une longueur exagérée de fil facilitera l’installation des appareils plus tard au moment de l’assemblage final.

En plus des équipements habituels comme les prises de courant, l’éclairage et j’en passe, l’installation d’un toit solaire est à considérer si l’objectif du fourgon est d’être autonome pendant quelques jours en forêt.

6e étape : Les mûrs, les caissons, l’emplacement des équipements techniques, etc.

Une fois que l’aménagement intérieur est planifié, on peut procéder à l’installation des différents caissons, que ce soit pour la portion cuisine ou simplement pour quelques espaces de rangement en hauteur par exemple. On peut également prévoir et vérifier que les multiples appareils de l’habitacle (réfrigérateur, toilette, douche, robinetterie, etc.) s’insèrent toujours aussi bien dans les espaces prévus à l’origine. Il est plus facile de revérifier que de recommencer!

Le plancher arrive également à cette étape de l’assemblage. À ce chapitre, les options sont très nombreuses. Mais, il ne serait pas bête de considérer une option facile d’entretien. Les murs et le plancher sont généralement installés à ce moment. Plusieurs fourgons sont équipés de panneaux en bois. Chez VanLife MTL, le peuplier est à l’honneur, notamment pour sa légèreté. Anthony Gagnon Boisvert utilise quant à lui du merisier russe, une essence de bonne qualité, résistante à la moisissure et facile à travailler.

7e étape : La finition

Cette étape est cruciale. Après tout, le fourgon est votre espace de vie, que ce soit pour une semaine ou plusieurs années; il faut s’y sentir confortable. C’est à ce moment bien précis que tous les petits détails sont réglés, des fils qui dépassent à l’ajustement des tiroirs, sans oublier le bon fonctionnement de tous les appareils de chauffage, de ventilation, de réfrigération, de drainage et j’en passe.

Ce qu’il faut retenir

J’ai posé la question à David Vachon et ce dernier m’a confirmé qu’il estimait le temps nécessaire pour compléter l’assemblage d’un fourgon entre 500 heures pour quelqu’un d’expérimenté à 800 heures pour un non-initié. Ce qu’il m’a surtout fait comprendre, c’est qu’il faut avoir des aptitudes en plomberie et en électricité avant de se lancer dans la construction d’un « véhicule maison ».

Peu importe l’ampleur de votre projet, il ne faut surtout pas oublier de satisfaire ses besoins en respectant son budget et de se rappeler que ce mode de vie est également un logis… temporaire ou non!

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Crédit photo de couverture @VanLife MTL

Vincent Aubé

Ayant étudié en journalisme à l’Université de Montréal, Vincent Aubé a décidé de joindre l’utile à l’agréable en consacrant sa carrière à couvrir tout ce qui a quatre roues et un volant.