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La Ford Torino: un méchant bolide!

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En 1968, pour relancer les ventes de la Fairlane en fin de carrière, Ford la pare d’une finition haut de gamme portant le nom de Torino en hommage à la ville de Turin, siège historique de la construction automobile italienne. Cette familiale, d’apparence sage et classique, Ford peut également la dévergonder en lui greffant de puissants et féroces moteurs pour devenir un muscle car dans l’air du temps. De son vivant, elle entrera dans la légende en devenant une star à part entière de la série Starsky & Hutch et beaucoup plus tard, Clint Eastwood lui rendra hommage au cinéma dans l’un de ses films les plus poignants : Gran Torino.

La Ford Torino est disponible en deux ou quatre portes, mais aussi en cabriolet ou en station wagon (break) et dispose toujours de quatre vraies places. Elle est initialement un dérivé de la familiale Ford Fairlane produite de 1962 à 1970. Après 1968, le nom de Fairlane est conservé pour les Torino de base, ce patronyme n’étant utilisé que pour les finitions haut de gamme. Dès 1970, cette particularité s’inverse, la Torino devient un modèle officiel et la Fairlane ne subsiste que parmi les diverses versions de la Torino. Le nom de Fairlane disparait définitivement en 1971 et la Torino devient la familiale de chez Ford. L’idée de Ford de changer le nom de sa voiture populaire pour redynamiser les ventes s’est révélée bénéfique puisque les ventes de la Fairlane remontent une fois le nom de la ville italienne adopté pour les voitures à finition supérieure.

Les premières Torino sont des berlines de taille supérieure aux Fairlane des années précédentes. Le modèle Fastback dispose d’un toit complètement nouveau, ainsi que la version coupé. La face avant est affublée d’une grille parcourant toute la largeur de l’auto avec deux feux à l’horizontale de chaque côté. Certains modèles peuvent avoir une barre horizontale chromée pour agrémenter la calandre. Les feux de position sont placés sur les pointes des ailes avant et servent en même temps de clignotants latéraux comme l’exigent les lois fédérales. Les modèles Fastback appelés Sportsroof disposent d’un panneau arrière légèrement différent de forme concave pour harmoniser la carrosserie. Le toit de ces modèles s’étend jusqu’au bout du coffre à l’instar de sa petite sœur la Ford Mustang. En course, cette configuration se révèle très efficace. D’ailleurs, la Torino sera le Pace Car Indy de l’année. Mercury sortira, sur la même base, la Cyclone.

Les Fairlane/Torino sont construites en châssis monocoque de la même façon que les modèles de 1967. La suspension, aussi conservée, se compose de ressorts hélicoîdaux à l’avant, montés entre deux bras de suspension, et de longs ressorts à  lames  sur  un  pont robuste à l’arrière. Les véhicules équipés de V8 peuvent être dotés en option d’une suspension renforcée. À la base, toutes les voitures ont des freins à tambour, mais les freins à disque à l’avant restent une option, de même que la direction assistée.

La marque américaine à l’ovale bleu propose une grande variété de moteurs pour ses Torino, en commençant par le L6 200 pc (3,2 L) pour tous les modèles sauf la Torino GT qui dispose du V8 302 pc Windsor comme moteur de base. Les autres moteurs sont le V8 289 pc Windsor, un autre V8 302 pc Windsor, deux V8 390 pc FE, et le V8 428 pc Cobra Jet de 335 CV sorti le 1er avril 1968, soit tard dans l’année modèle. Rares sont les Torino de 1968 équipées de ce dernier moteur très puissant.

La transmission standard est une boite manuelle à trois vitesses. Deux boites automatiques et une manuelle à quatre vitesses sont cependant en option. La Torino GT se caractérise par des sièges baquets, une console centrale, des emblèmes spécifiques et des décorations extérieures telles que les marquages « GT » sur les enjoliveurs, ou encore des décalcomanies. On peut aussi commander la suspension renforcée et des barres anti-rapprochement avant.

La Fairlane/Torino reçoit de très bonnes critiques dans la presse spécialisée outre-Atlantique, notamment de la part de Car Life qui teste une Torino GT équipée d’un V8 390 ci et qui fait le 0 à 100 km/h en seulement 7,7 secondes. Le magazine Motor Trend la qualifie de très maniable et faite pour les virages.

En 1968, La Fairlane/Torino se situe dans la catégorie familiale intermédiaire de la gamme Ford, soit entre les compactes et les full-size (grosses-voitures) et 14 modèles sont proposés : Les Fairlane en berline deux ou quatre portes, en break quatre portes, en sportsroof et en cabriolet. Les Torino se déclinent elles aussi en berline deux ou quatre portes, en break quatre portes Squire (décoré d’un imprimé bois sur les côtés), en sportsroof et en cabriolet.

En 1969 et 1970, Ford confia le développement d’une version musclée à Carroll Shelby. Ainsi naquit la Torino Cobra, réponse de Ford à l’extraordinaire Plymouth Road Runner. Équipée d’un V8 de 7 litres, elle offrait une puissance de 335 à 375 CV et passait du 0 à 160 km/h en 15 secondes. Malheureusement, le début de la décennie 1970 marque le déclin des voitures musclées et la fin de la Cobra GT. La Ford Gran Torino est l’incarnation parfaite de la démesure automobile en cours aux États-Unis juste avant le premier choc pétrolier. Conçue en 1972, elle remplace la Torino de 1970-1971 pour concurrencer la Mustang en NASCAR (le modèle Torino précédent ayant déjà fait ses preuves à ce sujet). La Ford Torino est déclinée en trois versions, à savoir Torino, Gran Torino et Gran Torino Sport.

Elle est produite au choix selon les desiderata de chaque client, par exemple en Sports Roof (Fastback pour les Mustang) ou Sport Coupé (hardtop), cylindrée, intérieur, couleurs, options, etc. La nouvelle Torino peut sembler énorme aujourd’hui avec ses 5,40 m de long et 2,08 m de large, cependant à l’époque, elle est considérée comme une voiture de taille moyenne. Bien que plus ou moins banale, surtout dans sa version berline quatre portes comme celle utilisée par les taxis et les voitures de patrouille de police, la Ford Torino ne serait en aucun cas demeurée dans l’anonymat sans la série télévisée Starsky et Hutch diffusée entre 1975 et 1979.

Bien que, contrairement à bien des croyances, beaucoup de films des années 70 mettent en exergue cette voiture en tant que voiture du « Gentil » (la sportive) ou du « Méchant » (la berline).

LE MAGAZINE DE L’AUTO ANCIENNE MAI 2017 17

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